Eh oui, depuis que j'ai gagné à l'Euromillions, ma vie n'est plus la même. J'ai acheté une petite porsche Carrera cabriolet.
Vous ne me croyez pas, je le vois dans vos petits yeux chafouins. Soit. Mais à l'impossible nul n'est tenu, aussi je vous fourni derechef la preuve de ce que j'avance.
Pour des raisons de confidentialité, j'ai dissimulé mon corps de coyote. Vous le comprendrez aisément.
"Ahah, tu te fous de nous Coyoti. Tu as pris une photo sur internet et tu as bidouillé. "
Votre incrédulité ne m'atteind pas, vils faquins.
Non, je ne céderai pas à votre scepticisme pernicieux, votre posture cynique face au monde, disciples de Diogène.
...
OK, OK, c'est pas ma Porsche. Je n'ai pas gagné à cette loterie européenne qui procure l'espoir, le bonheur et la rêverie dans les doux foyers de notre contrée. (surtout en ces temps de crise
financière galopante. Ahlàlà, heureusement que je suis pauvre!) C'est celle de mon beau-père. I LOVE MY FATHER IN LAW. Lui a de l'argent et peut exaucer ses rêves. Cela ne le rend pas forcément
davantage heureux. "L'argent rend-il heureux?" Débat très vaste qui ne trouvera pas sa réponse dans mon pauvre blog où personne ne laisse de commentaire, mais de toute façon ce n'est pas son but,
je le fais uniquement pour que des personnes passent ponctuellement, lisent deux-trois articles et s'en retournent, contents d'avoir de mes nouvelles car je suis, ne l'oublions pas, un être
exceptionnel.
Alors une Porsche c'est super. Sauf pour le pauvre type assis à l'arrière qui est installé sur une chaise inconfortable. Et ce fut ma place à l'aller. Dieu, pourquoi m'éprouves-tu ainsi, abusant
de ton omnipotence pour m'enquiquiner? Salaud va.
Mis à part les sièges arrières n'ayant de siège que le nom, l'atout principal d'une Porsche est son accélération. Et là ça décoiffe. L'impression de vitesse est réelle, le dos se colle au siège,
la peur primale de la mort revient au galop et vous fait chercher de quoi vous accrocher pour ne pas mourir au cas où. Heureusement les freins sont à la hauteur de l'accéleration. L'intérieur
cuir est sympathique, les finitions parfaites, bref cette bagnole coûte beaucoup trop cher pour un pauvre prof de collège.
C'est le genre d'expérience qui vous fait réfléchir sur votre vie. "Ai-je la place qui me revient dans cette société?" C'est le fameux "connais-toi toi-même" de Socrate, gravé sur le fronton du
temple de Delphes. Est-ce que je ne mérite pas mieux? Un meilleur salaire? Une plus forte reconnaissance sociale? Un autre patron, du genre qui pinaille pas pour une minute de retard? (oui
je parle d'un événement récent)
Et vous remontez les embranchements de votre vie. Si, si, si. "Si j'avais opté pour la première S, je serais devenu ingénieur, j'aurais des sous et peut-être à terme une Porsche..." "Je ne serais
pas un petit fonctionnaire qui râle sur le prix des tickets de cantine et sur les chefs minables que l'on nous sert..." Oui mais j'aurais moins de temps libre. Et je me sentirais moins utile. Et
caetera...
J'arrive à l'âge où les possibles meurent. Je ne serais jamais cosmonaute, ni pilote de chasse, ni plein d'autres choses. Avant, il restait une possibilité, même mince; à présent seules les
certitudes demeurent.
Donc je vais jouer au Loto. On sait jamais! C'est la seule façon de m'acheter une Lamborghini. Non parce qu'à 328000€ le modèle de base, il va falloir en faire des heures sup!